Si tu veux la paix, prépare...

Dans mon rôle d'expert en négociation, je partage avec vous que cerntain·e·s considèrent que la capacité de négociation d'une partie est égale à sa capacité de nuisance. Rien de nouveau, l'auteur romain Végèce exprimait déjà "Ceux donc qui souhaitent la paix, préparent la guerre".  

Pour ma part, je suis tenté de vous proposer à la place une douce Lapalissade : si tu veux la paix, prépare la paix ! Et je reformulerais la première assertion ainsi : la capacité de négociation d'une partie
est égal au potentiel d'abondance issu de l'accord entre les deux parties. On sent tout de suite que la nuance se fait autour de l'interdépendance. Mon pouvoir de négociation dépend aussi de l'autre,
de son envie de trouver un accord, de sa capacité à voir les bienfaits de l'accord. Au fond, la grande différence est dans l'intention. D'où part mon envie de négocier ? D'une part de moi en paix, sereine,
connectée à l'abondance, prête à prendre le temps nécessaire ou bien d'une part en souffrance, en manque, avide, pressée d'en finir. Dans un cas je vais négocier en utilisant la force, la peur, la contrainte et dans l'autre, le bien commun, l'interdépendance, l'envie de trouver un accord. L'histoire nous montre que tout accord gagné par la contrainte laisse une trace, une blessure qui un jour ou l'autre ramènera le conflit et la rupture des accords passés. C'est exactement ce qui se passe avec la guerre en Ukraine. Cela me rappelle combien la paix est fragile, même aux portes de l'Europe, comme en mon cœur qui peut être saisi de colère. La violence que je vois se personnifier dans un dirigeant, une armée, une nation, prend naissance dans mon cœur, dans le refus d'un réel qui ne répond pas à mes attentes, dans mon impuissance à agir pour nourrir moi-même mes besoins de paix. Mon esprit se trompe et
me trompe sur la source de la violence du monde. Elle ne naît pas à l'extérieur de moi mais en moi. Bien sûr ce n'est pas moi qui tire sur les ukrainiens. Mais ce torrent de violence se nourrit de rivières,
alimentées par des ruisseaux où mon cœur douloureux déverse ses frustrations. Renoncement à moi-même, refus de la souveraineté de l'autre, d'accueillir la différence, renoncement à la paix. Ce sont mes
souffrances, nos souffrances qui créent des réservoirs de violence qui au hasard de l'histoire, quand une retenue cède, dévastent des vies. Cependant il n'y a là aucune fatalité, aucune tragédie inévitable. La violence n'est pas la nature de l'Homme, la violence est l'expression de la frustration de la nature de l'Homme.
 

Et oui, "la paix, ça s'apprend !", comme l'ont expliqué Thomas d’Ansembourg et David Van Reybrouck dans leur ouvrage éponyme. Il ne tient qu'à moi d'incarner le changement que je souhaite voir dans le
monde. Je peux commencer par me pacifier moi-même, par pacifier mon cœur. Comment ? En m'exerçant à une écoute empathique de ce qui se passe en moi. En m'entrainant à reconnaitre les émotions qui naissent en moi et à identifier à quels besoins satisfaits ou insatisfaits elles sont
reliées. Ainsi tout est en mon pouvoir, il n'y a plus d'impuissance, plus de violence. Je suis libre de choisir comment je vais nourrir mes besoins et goûter la paix. Avec le temps, je débusque les filtres à
travers lesquels je perçois le réel : mes croyances, les jugements sur moi et les autres, mes pensées automatiques, mes injonctions, ma vision divisée et divisante du monde. C'est un long chemin pour déconstruire tout ce que j'ai appris, tout ce qui m'a servi et qui maintenant m'asservit. Ce que Thomas d'Ansembourg appelle la culture du malheur, dans laquelle la violence qui mène à la guerre a ses racines.
 

Il y a trois ans, j'ai eu la chance que la communication non violente entre durablement dans ma vie. J'y ai trouvé un excellent moyen d’œuvrer chaque jour à l'avènement d'une paix durable en moi, une paix
transportable, une paix contagieuse.
 

C'est précisément pour diffuser cette paix contagieuse que j'ai choisi d'accompagner les organisations et les individus sur le chemin de "si tu veux la paix, prépare la paix !"
Au travers de différentes activités, je propose de découvrir des pratiques favorisant le renforcement de l'attention à ce qui est vivant en soi, mais aussi chez l'autre et dans la relation, préalable à la construction de relations paisibles et nourrissantes.