Pourquoi, alors que la condamnation de la violence fait l’unanimité, celle-ci persiste-t-elle à un niveau aussi élevé ?
Sébastien Bohler, dans Le Bug humain, y voit la conséquence de la prédominance du circuit de la récompense sur la pensée. Une prédominance que l’éducation ou la pratique de la méditation de pleine conscience peuvent atténuer.
Richard Dawkins, dans Le Gène égoïste, l’explique par la « volonté autonome » des gènes de se perpétuer, un automatisme que la culture et la conscience permettent de contrer.
Si ces explications sont pertinentes, une question subsiste : pourquoi, malgré ces connaissances, la situation ne s’améliore-t-elle pas ?
La réponse selon moi se situe dans les mécanismes d’analyse des problèmes qui précèdent le choix des stratégies de résolution.
Je vous explique.
Une piste complémentaire aux propositions de Bohler et Dawkins réside dans le décalage entre le rythme d’évolution de notre biologie et celui de notre environnement.
Les mécanismes cognitifs, forgés par 600 millions d’années d’évolution, peinent à s’adapter à la complexité engendrée par la civilisation (organisation sociale, technologie, économie) depuis seulement 14 000 ans.
Pour illustrer ce décalage, observons que, depuis le Néolithique, aucune modification structurelle profonde du cerveau (en lien avec les comportements) n’a eu lieu, alors que les moyens à sa disposition ont connu une expansion sans précédent. Par exemple :
- La consommation d’énergie par individu a été multipliée par 250 en moyenne.
- Les rendements de la culture du blé ont été multipliés par 50.
- La taille moyenne des agglomérations a été multipliée par 500.
- La distance moyenne aux ressources vitales a été multipliée par 2 000.
- Le nombre d’intermédiaires entre les ressources et les consommateurs a été multiplié par 100.
Cette intermédiation croissante entre l’individu et l’accès aux ressources a radicalement complexifié la nature des problèmes que le cerveau doit résoudre. Or, celui-ci n’a pas eu le temps de voir évoluer ses structures profondes, qui gèrent pourtant les comportements de survie via les émotions.
Le cortex cérébral dispose bien de mécanismes de régulation capables d’inhiber les réflexes liés aux structures profondes (comme l’amygdale ou le striatum), mais ceux-ci dépendent étroitement des circonstances, des apprentissages, et sont fortement influencés par les structures sociales et économiques. C’est là la dimension systémique des comportements.
Une question persiste : pourquoi les choix de structuration socio-économique favorisant la violence perdurent-ils, alors que le consensus contre celle-ci est quasi universel ?
La réponse, selon moi, se situe donc dans les mécanismes d’analyse des problèmes qui précèdent le choix des stratégies de résolution.
C’est précisément l’objet de mes recherches, à la croisée de la psychologie, de la psychologie évolutionnaire, des neurosciences, mais aussi de disciplines psychosociales comme la Communication NonViolente, l’Internal Family System, ou encore psycho-spirituelles, telles que la méditation ou les apports de courants spirituels dans la compréhension de la psyché.
J’ai opté pour une approche de recherche appliquée, afin de tester les résultats au sein de communautés variées, à travers des expérimentations pratiques mises au service de la société civile.
Je recherche des entreprises souhaitant s’engager dans des expérimentations concrètes pour explorer ces dynamiques et contribuer à des solutions innovantes. Cela pourrait leur permettre de mieux comprendre les dynamiques internes des équipes et d’innover dans les processus décisionnels.
Si ce sujet vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter pour en discuter.